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L'ENCRE DU PASSE |
| Auteur(s): | MAËL & Bauza |
| Editeur: | Dupuis |
| Date de parution: | 10 juin 2009 |
| Description: | Au détour d’un village, Môhistu, calligraphe errant, fait la connaissance de la petite Atsuko. Il discerne en elle un grand talent et la persuade de suivre un apprentissage de peintre. Le nouveau duo se met en route vers Edo, la nouvelle capitale, pour y trouver Nishimura, un vieil ami peintre de renom. Commence alors un voyage aussi bien géographique qu’intérieur et artistique.
Ce qui frappe en premier lieu à la lecture de L’encre du passé, c’est la magistrale façon dont Antoine Bauza a réussi à s’approprier l’esprit japonais. Le récit utilise avec merveille cette « lenteur » contemplative si caractéristique de la narration nippone. Dans le même temps, le scénario ne se résume pas à une longue errance zen. Bauza propose des personnages d’une grande profondeur : Môhistu, l’artiste errant, qui a choisi une vie d’ermite pour fuir un triste passé, Atsuko, dont le talent si lourd à porter pourrait bien l’étouffer, et Nishimura, peintre bien installé, mais au prix de concessions commerciales. Ils forment trois destins reliés par l’art, trois voies possibles.
Aux pinceaux, Maël ( Les rêves de Milton, Dans la colonie pénitentiaire) est sur la même longueur d’onde que son scénariste. Le ton est donc japonais, mais la mise en page et la narration restent bien européennes. Les cadrages à hauteur d’homme vont à l’essentiel : les personnages. Le trait, qui peut rappeler celui de De Crécy, et surtout les couleurs à l’aquarelle, accompagnent parfaitement le récit.
Peu d’auteurs aussi jeunes arrivent à proposer une œuvre d’une telle maturité. L’encre du passé surprend et séduit, autant sur le plan des sujets abordés que sur le plan graphique.
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